Injection BioplastiqueLe guide pratique pour injecter les bioplastiques

Étuver les granulés de bioplastique avant injection

C’est l’étape qui fait le plus souvent la différence entre une première campagne réussie et des pièces cassantes. Pourquoi l’humidité pose problème, quelles consignes appliquer et comment éviter les erreurs courantes.

Mise à jour : 14 octobre 2026

Pourquoi l’humidité est l’ennemie des bioplastiques

La plupart des bioplastiques injectables sont des polyesters : PLA, PBS, PHA. À l’état fondu, en présence d’eau, leurs chaînes moléculaires se coupent : c’est l’hydrolyse. La matière devient plus fluide, les pièces perdent en résistance et en allongement, et l’eau vaporisée peut laisser des traînées ou des bulles en surface.

Le phénomène est sournois : la matière s’injecte, les pièces sortent du moule, mais elles cassent plus tôt que prévu. D’où l’intérêt de traiter l’étuvage comme une étape de production à part entière, et non comme une précaution facultative. Les charges végétales, elles-mêmes hygroscopiques, rendent cette étape d’autant plus importante.

Les consignes relevées sur les fiches techniques

Les 14 fiches consultées prescrivent toutes un étuvage d’au moins 4 h avant transformation. La température minimale varie selon le grade :

Étuvage minimalGrades Vegemat® concernés
4 h à 55 °CCER-AN 04, CER-NZ 03, FIB-AN 03K30, FLEX-AN 07, FLEX-AN 08-45, FLEX-AN 09, FLEX-NN 10
4 h à 60 °CBIOREC-AN 01
4 h à 70 °CMINE-AN 600, MINE-AN 800
4 h à 80 °CFIB-ANC 04K20, FIB-ANC 05K20, FIB-ANC 06K20, MINE-AN AGRI 600

Source : fiches techniques Vegemat® (rubrique « Consignes »). Exemple de fiche complète.

Le taux d’humidité des granulés à la livraison, inférieur à 0,5 % sur ces fiches, ne dispense pas de l’étuvage : il est prescrit dans tous les cas.

Pourquoi les températures diffèrent d’un grade à l’autre

La température d’étuvage est un compromis. Elle doit être assez élevée pour extraire l’eau en quelques heures, mais assez basse pour que les granulés ne ramollissent pas. Un PLA amorphe, dont la transition vitreuse se situe vers 55 à 60 °C, devient collant au-delà : les granulés s’agglomèrent dans l’étuve ou la trémie et bloquent l’alimentation de la presse. Les grades formulés pour la tenue en température supportent un étuvage plus chaud, donc plus efficace.

Respectez la température de la fiche, ni plus ni moins. Plus chaud « pour gagner du temps », vous risquez l’agglomération ; plus froid, il reste de l’humidité.

Le matériel

  • Dessiccateur à air sec. Il souffle un air déshumidifié sur les granulés : c’est la solution la plus fiable, surtout en atelier humide ou en été.
  • Étuve à air chaud. Utilisable, mais moins efficace quand l’air ambiant est humide, puisque l’air chauffé reste chargé d’eau.
  • Trémie sécheuse. Elle maintient la matière au sec jusqu’à la vis et évite la reprise d’humidité entre l’étuvage et l’injection.

Les erreurs à éviter

  • Laisser des granulés étuvés à l’air libre pendant une pause : ils reprennent l’humidité.
  • Étuver plus chaud que la consigne, au risque de faire coller les granulés.
  • Charger la trémie bien au-delà de la consommation de la presse, sans trémie sécheuse.
  • Remettre en production un sac entamé la veille sans l’étuver de nouveau.
  • Oublier que le rebroyé doit, lui aussi, être étuvé.

Stocker la matière avant étuvage

Les fiches demandent de conserver les granulés dans leur emballage d’origine, à l’abri de la chaleur, de l’humidité et des UV, avec une durée de conservation de 6 ou 12 mois selon le grade. Refermez soigneusement les sacs entamés et consommez les lots dans leur ordre de réception.

Une fois la matière sèche, place aux réglages de température.